Furcy né libre. Un film puissant d’Abd al Malik, suivi d’une rencontre avec Mohammed Aïssaoui, auteur du livre dont il est adapté. Séance en partenariat avec Lectures Plurielles
Furcy, Né Libre
Abd Al Malik
France / 2026 / 108 min / Biopic, Drame, Historique, Judiciaire
Projection suivie d’une rencontre avec Mohammed Aïssaoui, journaliste et écrivain, auteur du livre "L’Affaire de l’Esclave Furcy", dont le film est librement adapté.
Cette séance est organisée en partenariat avec Lectures Plurielles.
Île de La Réunion (alors île Bourbon), 1817. À la mort de sa mère, Furcy, esclave domestique, découvre des documents susceptibles de prouver qu’il est né libre. Sa mère, née dans un comptoir français en Inde, aurait été affranchie avant sa naissance. Juridiquement, Furcy n’aurait donc jamais dû être esclave.
Soutenu par un procureur abolitionniste, il engage une bataille judiciaire longue, périlleuse et inédite contre son maître et contre l’administration coloniale. Son combat durera près de 27 ans, mettant au jour les contradictions et la violence d’un système esclavagiste pourtant soutenu par la loi. Un affrontement inégal, où le droit devient l’arme de la résistance.
Après Qu’Allah bénisse la France (2014), Abd al Malik réalise avec Furcy, né libre, son deuxième long-métrage. Artiste pluridisciplinaire, musicien, écrivain et metteur en scène, il poursuit ici son exploration des questions de liberté, d’identité et de transmission.
Le film montre l’oppression coloniale comme un système, fait de lois, de procédures et de hiérarchies raciales. Le scénario d’Étienne Comar, librement adapté du livre L’Affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui (Prix Renaudot Essai 2010), conjugue rigueur historique et respect profond de la dignité humaine.
Furcy, né libre dévoile la mécanique coloniale dans ce qu’elle a de plus concret : le Code Noir, les manipulations juridiques, les blocages administratifs, et la manière dont la loi pouvait servir à maintenir l’injustice. Il expose une violence structurelle, quotidienne, souvent invisible, mais tout aussi destructrice. Une approche qui permet de mieux comprendre la colonisation comme un système politique et économique organisé.
La musique occupe une place centrale dans le film. L’ouverture sur un chant de Danyel Waro, figure majeure du maloya réunionnais, longtemps interdit dans les colonies françaises, inscrit d’emblée le récit dans une mémoire vivante et résistante.
La bande originale, composée par Bilal, accompagne le film comme un battement intérieur. Rythmée, presque martiale, elle puise dans les traditions des griots, des conteurs et des cultures orales, donnant au récit une pulsation qui fait écho au combat de Furcy.
Raconter aujourd’hui l’histoire de Furcy, c’est mettre en lumière des vérités longtemps étouffées, bien qu’amplement documentées. C’est aussi questionner les héritages coloniaux qui continuent de structurer nos sociétés contemporaines. Le film insiste sur le rôle central de l’éducation, du savoir et de la littérature. Furcy apprend à lire et à écrire en secret, dans un contexte où cela lui est interdit, faisant de la culture et de la connaissance des leviers pour dépasser sa condition. Refusant la violence et la fuite, il place sa confiance dans la justice et choisit de s’affirmer en s’appuyant sur le droit. « Lire est un poison pour les esclaves » : cette formule souligne combien la maîtrise de la langue et l’accès à la lecture deviennent, dans le film, de puissants instruments d’émancipation.
Comme le résume Abd al Malik :
« L'éducation, c'est le moyen central qui permet l'émancipation »
Podcasts :
Publié le samedi 10 janvier 2026 sur France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50-du-week-end/l-invite-de-7h50-du-we-du-samedi-10-janvier-2026-7684143
Publié le mercredi 14 janvier 2026 sur France Culture : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/sylvie-germain-autrice-7604100
Un film salué par la critique :
Présenté en avant-première mondiale au Festival du film francophone d’Angoulême 2025, Furcy, né libre a également été sélectionné au Malaga French Film Festival.
« Une œuvre forte pour inciter à regarder l’Histoire en face, si effroyable soit-elle, afin de mieux construire l’avenir ensemble. » — avoir-alire.com
« Abd al Malik trouve la bonne focale pour cette histoire […] et signe une œuvre qui pousse à affronter notre histoire collective. » — Première
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